Inscrivez-vous à la newsletter !
|
Festival de Cannes: Tarantino, Schnabel et Reygadas en compétition
La Croisette deviendra mardi le "Boulevard de la mort", titre du nouveau film de Quentin Tarantino, l'un des trois longs métrages présentés en compétition au festival de Cannes avec "Le scaphandre et le papillon" de Julian Schnabel et "Lumière silencieuse" de Carlos Reygadas.
Angelina Jolie, Brad Pitt, et Mariane Pearl montent les marches du Palais des festivals à Cannes ©AFPTV
"Boulevard de la mort (Death Proof)" de Quentin Tarantino (USA, 02H07), avec Kurt Russell, Sydney Tamiia Poitier, Rose McGowan, Rosario Dawson. (Sortie en France le 6 juin)
Stuntman Mike, psychopathe notoire, tue des femmes au volant de sa voiture. Trois de ses victimes qui ont réussi à rester en vie décident de se venger. Quentin Tarantino, Palme d'or 1994 pour "Pulp Fiction", signe son premier film depuis "Kill Bill vol. 2" il y a trois ans. Une version abrégée de "Boulevard de la mort" forme avec "Planète Terreur" de Robert Rodriguez (qui sont projetés indépendamment en Europe) le diptyque "Grindhouse", hommage aux films de série B diffusés dans les "drive-in" américains et qui ont bercé la jeunesse des deux réalisateurs.
Autre film attendu, "Le scaphandre et le papillon" de Julian Schnabel (France, 01H52), avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Marina Hands.
Après un accident vasculaire, le journaliste Jean-Dominique Bauby se retrouve paralysé, victime d'un "locked-in syndrome". Il ne conserve que l'usage d'un oeil, grâce auquel il trouve le courage de dicter un livre entier, en clignant de la paupière pour désigner les lettres. L'adaptation du roman autobiographique de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef de "Elle".
Troisième film présenté mardi "Lumière silencieuse (stellet Licht)" de Carlos Reygadas (Mexique, 02H22), avec Cornelio Wall, Miriam Toews.
Gus Van Sant le 21 mai 2007 à Cannes ©AFP - Anne-Christine Poujoulat
Dans le Nord du Mexique, Johan, jeune père de famille mennonite (une communauté protestante rigoriste), tombe amoureux d'une autre femme que la sienne, en contradiction avec son engagement religieux. C'est la troisième fois en cinq ans que le talentueux Mexicain Carlos Reygadas est présent à Cannes, après les remarqués "Japon" (Quinzaine des réalisateurs et Caméra d'or en 2002) puis "Batalla en el cielo" (en compétition en 2005).
Lundi, l'Américain Gus Van Sant a séduit avec le brillant "Paranoid Park", une plongée en mode subjectif dans le quotidien d'un adolescent skater, auteur involontaire d'un meurtre, mais Brad Pitt et Angelina Jolie lui ont volé la vedette.
Le couple le plus glamour d'Hollywood a fait sensation sur la Croisette: venus présenter, hors compétition, "Un coeur invaincu" de Michael Winterbottom, qui évoque l'assassinat du journaliste Daniel Pearl au Pakistan, ils ont fait crépiter les flashes et suscité l'hystérie.
Côté compétition, Gus Van Sant, artiste complet - il est aussi peintre, musicien et photographe -, a dévoilé son 18e film, tourné dans sa ville de Portland, l'adaptation du roman éponyme de Blake Nelson.
Visuellement envoûtant, servi par le jeu convaincant d'acteurs débutants et une belle bande originale, ce "+Crime et châtiment+ au lycée", comme le définit son auteur, colle aux pas d'Alex, skater de 16 ans, qui tue accidentellement un agent de sécurité sur une aire de skate-board mal famée de Portland, le "Paranoid Park".
Noyé dans sa culpabilité, Alex fait, en voix off, le récit d'une nuit fatale, au fil de flash-backs qui plongent le spectateur dans son état émotionnel.
Van Sant intègre de belles séquences de skate tournées en super huit, aériennes et quasi oniriques, dans un film impeccablement construit, où il sonde à nouveau le mal-être des adolescents américains, après "Elephant", basé sur la fusillade de Columbine et lauréat de la Palme d'or en 2003.
Délaissé par des parents accaparés par leurs propres problèmes, Alex est attiré par la communauté de marginaux de Paranoid Park.
Le couple Angelina Jolie-Brad Pitt, le 21 mai 2007 au Festival de Cannes pour la présentation d'
"Ils sont peut-être perdus émotionnellement, mais ce sont des gamins de la classe moyenne ordinaires, à qui il arrive quelque chose d'extraordinaire", affirme Gus Van Sant à l'AFP.
"Faire des films sur les adolescents est ma vocation, je pense", dit-il.
Richement travaillée, l'éclectique bande-son mêle Beethoven, Nino Rota le compositeur fétiche de Federico Fellini, et les morceaux d'Ethan Rose, un musicien de Portland qui intègre des bruits divers et des cris d'oiseaux.
Lundi, le Festival de Cannes découvrait aussi "Import export", un film réaliste, à la tonalité nihiliste, signé par l'Autrichien Ulrich Seidl, 54 ans.
Auteur de documentaires dont les techniques imprègnent "Dog Days", sa première fiction en 2001, Seidl y fait une peinture radicale de deux paysages sociaux dévastés, aux marges de la société autrichienne et en Ukraine.
A l'ouest comme à l'est de l'Europe, la chute du mur de Berlin a fait place à une démarcation invisible et tout aussi infranchissable, économique cette fois, montre Seidl : à l'horizon, l'effondrement des valeurs et la mercantilisation des rapports humains.
"Import export" fait deux portraits croisés: celui d'Olga, infirmière et mère célibataire ukrainienne qui émigre en Autriche et celui de Paul, jeune paumé autrichien qui fait le trajet inverse.
L'acteur français Mathieu Almaric (c), protagoniste du film de Julian Schnabel
Dans l'ouest opulent, la vie d'Olga sera encore plus aliénante: exploitée et méprisée, elle devient femme de ménage dans un hospice.
Habile à provoquer le malaise, Seidl montre alors frontalement, dans de longs plans-séquence, le sordide quotidien des débris humains échoués là, à demi-déments, édentés, et imbibés de matière fécale.
De son côté Paul, qui va d'une galère à l'autre et perd son emploi d'agent de sécurité, atterrit dans une Ukraine où règne une seule morale : "Avec du fric tu peux tout avoir", comme le lui dira son beau-père, ignoble pornographe.
Nombre de séquences, photographiées par Wolfgang Thaler, chef opérateur de David Soderbergh, montrent de façon clinique la prostitution la plus glauque.
Mardi 22 Mai 2007 - 11:11
Rédigé par Source : AFP Tous droits réservés le Mardi 22 Mai 2007
Politique
|
Société
|
Justice
|
Faits divers
|
Sports
|
Culture
|
|