"Bien sûr, nous allons faire des économies correspondantes dans le budget de 2008", a déclaré M. Fillon, critiqué pour les répercussions du projet sur les finances publiques et ses effets incertains sur l'emploi.
Les exonérations doivent permettre aux entreprises de faire travailler leurs salariés plus longtemps, sans que cela ne leur coûte plus cher, et sans abroger officiellement les 35 heures.
Les heures supplémentaires resteront une prérogative patronale, ce qui demeure une source de conflits dans les entreprises.
Mercredi, une grande partie des salariés de la brasserie Kronenbourg à Obernai (Bas-Rhin) étaient à leur troisième jour de grève pour protester contre des heures supplémentaires "obligatoires".
Le coût global de la réforme est difficile à apprécier car le nombre d'heures supplémentaires devrait augmenter: "Notre souhait est qu'il y en ait le plus possible", a déclaré M. Fillon sur RTL.
Le Premier ministre fait le pari d'une relance de la consommation, donc de la croissance, grâce au pouvoir d'achat que les salariés pourraient gagner avec leurs heures supplémentaires.
"On ne peut pas augmenter le pouvoir d'achat sans augmenter le volume d'heures de travail, et on ne peut pas demander aux salariés de travailler 39 heures en étant payés 35", a-t-il exposé.
M. Fillon a qualifié le dispositif de "très simple" alors que plusieurs syndicats critiquent une "usine à gaz".
Des inconnues budgétaires demeurent, notamment liées au risque de surdéclaration frauduleuse d'heures supplémentaires, mais aussi au montant, encore en discussion, de la réduction de cotisations sociales pour les employeurs.
Elle sera forfaitaire selon un montant fixé par décret. A titre indicatif, l'avant-projet indique: "1,5 euro pour les PME d'au plus 20 salariés et 0,50 euro dans les autres entreprises".
"Insuffisant", a immédiatement jugé Jean-François Roubaud (CGPME). "Globalement, il faudrait au moins qu'on ait 2,5 euros au niveau du smic", a-t-il dit à l'AFP.
Pour les salariés, un décret ultérieur précisera le taux de réduction, "proportionnelle à la rémunération", des cotisations de sécurité sociale.