L'Assemblée vote le texte sur GDF malgré la forte opposition

L'Assemblée nationale a adopté mardi à une large majorité le projet de loi permettant la privatisation de Gaz de France, malgré l'opposition des groupes parlementaires hors UMP et, dans la rue, des syndicats.



Manifestation à Paris contre le projet de loi sur l'énergie
Manifestation à Paris contre le projet de loi sur l'énergie
PARIS (Reuters) - L'Assemblée nationale a adopté mardi à une large majorité le projet de loi permettant la privatisation de Gaz de France, malgré l'opposition des groupes parlementaires hors UMP et, dans la rue, des syndicats.

Le texte, dont le Sénat entamera l'examen le 12 octobre, ouvre la voie à la fusion de GDF et de Suez, que le gouvernement présente comme une réponse aux rapprochements en cours entre différents groupes d'énergie européens.

Le ministre de l'Economie, Thierry Breton, a réaffirmé que le projet de loi serait définitivement adopté avant la fin de l'année.

Les syndicats, qui avaient appelé à la grève et défilaient dans plusieurs villes, doivent se réunir mercredi pour décider de la suite à donner au mouvement. La CGT appelle à des manifestations le 14 octobre.

Le projet de loi sur l'énergie a été voté par 327 voix et 212 voix contre, une adoption sans surprise, l'UMP disposant de la majorité absolue à l'Assemblée.

Le projet de loi transpose également une directive européenne sur l'ouverture totale du marché de l'énergie à la concurrence au 1er juillet 2007.

PS, PCR et UDF se sont opposés et quarante députés UMP, sur les 362 que compte le groupe, n'ont pas voté le projet, 10 d'entre eux votant contre, sept s'abstenant, et 23 ne participant pas au scrutin.

"Nous votons contre le démantèlement d'une entreprise historique (...), contre l'accaparement d'un bien national et public par des intérêts privés", a déclaré François Brottes, porte-parole du groupe PS dans ce débat.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS, a annoncé que les socialistes saisiraient le Conseil constitutionnel lorsque le Parlement aura adopté le texte.

"Avec cette privatisation, c'est bien notre indépendance énergétique qui est menacée", a dit Marie-George Buffet (PCR), tandis que l'UDF Jean Dionis du Séjour qualifiait de "faute" la privatisation de GDF.

"PAS UN BAROUD D'HONNEUR"

EDF et GDF ont annoncé respectivement 18,09% et 23,6% de grévistes en fin de journée. La CGT, syndicat majoritaire dans les deux groupes, a compté de son côté entre 40% et 60% de grévistes, un niveau comparable à celui du précédent mouvement du 12 septembre, selon un porte-parole.

A EDF, les baisses de charges ont atteint au maximum 1.250 mégawatts, soit environ 1,2% de la production quotidienne des centrales nucléaires. Une porte-parole du groupe d'électricité a précisé que les clients n'avaient pas été affectés.

La précédente grève avait entraîné une baisse d'environ 4% des capacités de production du groupe.

Selon la CGT, 25.000 personnes ont manifesté dans toute la France, dont 15.000 personnes à Paris, la préfecture de police annonçant de son côté 2.500 manifestants dans la capitale.

"Ce n'est pas du tout un baroud d'honneur", a déclaré Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, lors de la manifestation parisienne.

"Il n'y a aucune raison de lever le pied. Ce ne sera pas la première fois que l'Assemblée nationale vote une loi qui n'est pas suivie d'effet", a-t-il ajouté, faisant allusion à l'absence possible de décrets d'application de la loi.

Le syndicat, qui appelle les usagers à rejoindre les salariés d'EDF et de GDF lors de nouvelles manifestations le 14 octobre, a décidé de diffuser une "pétition nationale sous forme de lettre ouverte" à Jacques Chirac.

"Le président de la République a les moyens, s'il entend la majorité de nos concitoyens qui est hostile à cette privatisation, de prendre la mesure du désaccord et de demander à travailler sur d'autres bases", a affirmé Bernard Thibault.

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a réaffirmé pour sa part que son parti reviendrait sur la privatisation de GDF en cas de victoire à l'élection présidentielle au printemps prochain.

Mercredi 4 Octobre 2006 - 01:20
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Rédigé par PIERRE GIRARD le Mercredi 4 Octobre 2006

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