L'offensive anti-'TVA sociale' éclipse la polémique au PS

L'offensive menée par le PS contre la TVA sociale, à quatre jours du deuxième tour des législatives, a fait passer au second plan mercredi la polémique suscitée par la tentative de Ségolène Royal d'entrer en contact avec François Bayrou.



Les candidats à la présidentielle Ségolène Royal et François Bayrou, le 28 avril 2007 avant un débat télévisé ©AFP/Archives - Mehdi Fedouach
Les candidats à la présidentielle Ségolène Royal et François Bayrou, le 28 avril 2007 avant un débat télévisé ©AFP/Archives - Mehdi Fedouach
Ségolène Royal avait appelé lundi le président du MoDem pour discuter d'éventuels accords de désistement dans certaines circonscriptions. Elle lui avait laissé un message, et M. Bayrou ne l'avait pas rappelée. Une démarche qui a suscité une vaste réprobation au PS.

Mardi, le bureau national avait refusé unanimement toute stratégie d'alliance avec le MoDem, estimant que le PS n'était pas "dans une discussion d'appareils".

Mme Royal a été la première à vouloir calmer le jeu, déplorant mercredi matin "une tempête dans un verre d'eau". Elle a affirmé qu'elle n'était pas "dans des stratégies d'alliance" avec le MoDem mais simplement dans "des logiques de simplicité des relations humaines dans la politique".

C'est "la moindre des choses sur le plan de la correction humaine" de prendre contact avec le leader centriste, avant de lancer "un appel aux électeurs du MoDem", a-t-elle indiqué. Elle a affirmé plus tard que sa "seule ambition" était "d'aider les candidats socialistes".

L'un après l'autre, les responsables du parti ont fait chorus.

Benoît Hamon, membre du BN du PS, lors d'un meeting en soutien à Faouzi Lamdaoui, candidat PS dans la 5e circonscription du Val-d'Oise, le 22 mai 2007 à Bezons ©AFP/Archives - Vincent Nguyen
Benoît Hamon, membre du BN du PS, lors d'un meeting en soutien à Faouzi Lamdaoui, candidat PS dans la 5e circonscription du Val-d'Oise, le 22 mai 2007 à Bezons ©AFP/Archives - Vincent Nguyen
Plusieurs ont récusé l'idée que le BN ait "désavoué" la candidate à la présidentielle, ou ait appelé "Ségolène Royal à rentrer dans le rang". "L'épisode est clos", a dit Benoît Hamon, porte-parole de campagne.

"Il n'y a pas eu de crise. Il y a eu clarification d'une position de bon sens", a expliqué Bertrand Delanoë. Dominique Bertinotti, ex-mandataire financière de Ségolène Royal, a écarté l'idée d'un désaveu, notant d'ailleurs qu'un certain nombre de responsables étaient absents du BN. "Une petite vingtaine", sur un total de 57, a précisé Benoît Hamon.

François Rebsamen, co-directeur de la campagne présidentielle, a estimé que c'était aux instances du parti d'"arrêter" la stratégie mais que cela n'empêchait pas Ségolène Royal de "faire les gestes qu'elle croit devoir faire".

"Il faut que tout le monde tire dans la même direction", a déclaré Laurent Fabius, pour qui "le rôle des responsables socialistes, c'est d'aider nos candidats, pas de les handicaper".

L'ancienne ministre de la Justice Marylise Lebranchu est allée dans le même sens en regrettant que "les propos irraisonnés" de quelques responsables PS "déstabilisent" la campagne des candidats. "Qu'ils se taisent, maintenant ça suffit !", a-t-elle demandé.

Le Premier ministre François Fillon sur France 2, le 12 juin 2007 ©AFP/France 2
Le Premier ministre François Fillon sur France 2, le 12 juin 2007 ©AFP/France 2
La bourrasque apaisée, le parti a retrouvé une unité rare pour s'en prendre au projet de "TVA sociale" de François Fillon (baisse des cotisations patronales et hausse de la TVA pour financer la sécu). Pour les socialistes, une occasion inespérée d'essayer de sauver les meubles dimanche, alors que les instituts de sondage donnent à la gauche (PS, PRG et MRC) au mieux 146 sièges.

Les ténors du parti ont parlé d'une seule voix, du premier secrétaire François Hollande à Ségolène Royal, en passant par Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault, Bertrand Delanoë...

Le "seul et unique mot d'ordre" pour le second tour, c'est d'appeler les électeurs à "voter socialiste contre la TVA à 24,6%", a dit Benoît Hamon. Un bandeau électoral rouge va être diffusé dans les sections, à coller partout.

Seul Manuel Valls a poursuivi en franc tireur ses attaques contre François Hollande, jugeant "pas concevable" qu'il reste premier secrétaire jusqu'au congrès de 2008.

Jeudi 14 Juin 2007 - 10:16
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Rédigé par Source : AFP Tous droits réservés le Jeudi 14 Juin 2007

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